Maria Maïlat - écriture-lecture-traduction, photographie, poésie, anthropologie et philosophie
MA LANGUE PENSERA TA JUSTICE. ( PS 35,28)
Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser...
Il y a un verger qui donne des fruits au goût amer Leurs noyaux sont comme des mots que personne ne déchiffre plus depuis longtemps Les mots oubliés se métamorphosent en oiseaux reptiles aux ailes bardées de nos griffures de Maîtres Le passé amène une...
L'enfant joue dans la cour il joue à faire le jour Brusquement il fait nuit Mais la lumière dans ses cheveux comme une toupie rouge chante sans peur Les corbeaux couvrent le soleil leurs ailes dévoilent la courbe ouvert du ciel Là haut Une autre cour,...
Je pense aux maisons fermées que l'on voit du train et aux grandes villes où l'étendu des champs et les arbres solitaires n'existent pas. Cependant, il existe des souris que l'on croise â Paris, sur le trottoir, et des alligators dans les égouts. Et un...
Les Eichmann fonctionnaires zélés commandants croyants paysans vêtus d'une uniforme employés et techniciens ouvriers comme dans une usine A Auschwitz ils exterminaient des enfants. Les enfants savaient jouer à la marelle, à la poupée, à papa-maman, façonner...
Peu de gens connaissent la vie de père de Walter Benjamin. Ceux qui le lisent savent qu'il était le fils d'un père banquier, marchand et collectionneur d’art qui connut des difficultés financières vers la fin des années 1930, ce qui l’empêcha d’aider...
"Sous un ciel étranger ombres roses ombres sur une terre étrangère entre roses et ombres dans une eau étrangère mon ombre." (Ingerbog Bachman) Brauner (LACMA, photo MM)
Silence. Une épine sans rose s'enfonce dans le coeur. Deux n'est jamais Un. La rose saigne pour qui ? La mort m'apprend à compter dans le noir. Debout parmi les ombres, je n'ai plus de visage pour toi.
Vouloir me coucher dehors, m'endromir dans le rien. Marcher à reculons vers le vide. Fermer les mots d'amour dans la peau végétale, dans la distance qui sépare l'hiver du printemps. Ne me cherche pas. Sur la montagne sans toi - sans lui - j'entends marcher...