Ce matin comme par miracle,
la neige fraîche tombe flottante
à la nage vers l'océan,
le printemps croise l’automne dans tes yeux
et je vois s’effondrer la dernière image,
celle que ta colère déchire avec le sourire brûlé
sur mon visage.
Il faut faire disparaître les amants d'une seule nuit
sans passé,
sans un mot brisant la glace
mais c'est trop tard.
Avant même de s'aimer, c'était déjà trop tard,
tu
étais mort ou moi, trop vivante - quelle importance?
Nos pas s'éloignent dans la neige fondue,
la pluie efface les traces bleues de ce minuscule bonheur
écrasé sous les pas pressés des voyageurs -
et personne ne crie.
La ville se fige contre ses murs prostrés.
Le cerisier en fleurs berce ses bourgeons
pour consoler nos anges abandonnés.
