Blanche promesse
violoncelle désaccordé
l’ombre de l’archer caresse
nos peurs
la mort pourtant rien ne l’arrête
Je dis une chose dans la nuit
le contraire est encore plus vrai
à l’aube
le crépuscule nous pèse en plein jour
les corbeaux volent à notre secours
Quelqu'un meurt à ma place
pendant que je bois un café
sur la terrasse les moulins de la mort
les chiens de l’oubli m’envoient
d’autres promesses à boire à manger
La douce douleur transperce mes épaules
mes mains jurent qu’elles n’ont jamais étrangler
personne jamais secourus non plus
ceux qui laissent leur peau
aux frontières.
La blanche promesse transforme en écume
le sang des naufragés
dans mes plaies
la parole se dessèche
et pousse le couteau
Il y a ceux qui paient la faute d'être vivants
la faute d’avoir envie de tout recommencer ailleurs
les larves grimaçantes enfouissent les barbelés
dans le ventre-patrie
la mort rien ne peut l’arrêter
il n'y a plus de mot sans poison dans les eaux
derrière nos portes cadenassées
les moulins de la mort broient du noir ersatz
sur les écrans de nos visages effaçables souffle
le vent patriotique et nul commencement.