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Et ce matin?

A l'aube, je me trouvai, à moitié endormie, dans la salle d'attente d'un aéroport. Comment suis-je arrivée dans ce café traversé de courants d'air où l'on annonçait le retard du vol de New York?

Une heure plus tôt, mes yeux s'étaient ouverts sur une mer rouge flanquée d'un gris sans horizon.

Dans le grand lit, entre les draps froissés, le goût de Viso persistait dans ma bouche. Quelques coups de crayon auraient suffi pour croquer nos corps entamaient par le silence. Nous avons fait l'amour en silence. Jouir. Puis, oublier.

Le jour nous séparait.

Le réveil de Viso nous propulsait loin l'un de l'autre. Deux étrangers.

Non: mon frère.

Je l'ai appelé Viso comme à sept ans. Même s'il ne me reconnaissait pas. J'étais contente de constater qu'il était amnésique. Mon frère. Il ne savait pas qui couchait avec lui.

Le matin, il fallait se séparer avant que le soleil éclaire son regard posé sur moi.

Il ne se souvenait pas du chant qu'il m'avait murmuré à l'oreille.

Ses gestes de somnambule me donnait la souffrance contenue dans l'extase.

Il m'aimait dans le noir, en silence. Son corps massif remontait des mines de sel, d'une autre galère.

Il transperçait mon sexe jusqu'à la première femme qu'il avait connue dans son adolescence.

Il n'avait pas de famille, me disait-il. Pas de soeur. Je n'étais personne. Son visage fermé ne souriait que dans la nuit, lorsqu'il était allongé nu et me faisait dansait au-dessus de son ventre. Erigé, cambré, mon corps brûlait, puis se dissipait dans un petit essaim de cendre.

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