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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 09:14

Je lis l'article de NOELLE LENOIR concernant les mesures visant la destruction non seulement des repères propres à la construction de l'Europe, mais aussi de l'Etat démocratique, mesures imposées dernièrement par Victor Orban, Premier ministre de la Hongrie (berceau des "grands hommes" comme chacun le sait). Il se trouve que ce même Orban assure la présidence tournante de l'Union Européenne. Ce sont ses ministres qui président les différents conseils thématiques de l'Europe jusqu'en juillet 2011.

Monsieur Orban donne l'exemple tant convoité par les gouvernements occidentaux, comme, par exemple l'Italie ou la France. Il donne l'exemple: il a débarqué du jour au lendemain le Président de la république, Laszlo Solyom ancien Président de la Cour constitutionnelle hongroise. Cette personnalité du monde de la justice constitutionnelle a été "remercié" du jour au lendemain et remplacée par un fidèle d'Orban. Il a également "mis au pas" le Cour des comptes et a restreint sévèrement les libertés d'expression et des médias. Tout cela pendant qu'il exerce sa Présidence de l'Europe. Super exemple, n'est-ce pas?

"Puis le Premier ministre a fait adopter par le Parlement des mesures fiscales ouvertement dirigées contre les « multinationales » considérées comme ayant contribué aux difficultés économiques et sociales de la Hongrie. Une première loi instaurant une taxe sur les banques avec une rétroactivité de cinq ans (sic !) été annulée pour inconstitutionnalité par la Cour constitutionnelle. Qu’à cela ne tienne ! Une révision constitutionnelle (elle requiert une majorité des deux tiers) a été immédiatement votée pour amputer la Cour constitutionnelle d’une bonne partie de ses compétences. La Cour se voit désormais interdire de contrôler la constitutionnalité des lois à portée financière, fiscale et budgétaire. On peut penser que les juges constitutionnels y regarderont à deux fois avant d’annuler d’autres lois, sauf à mettre en danger l’existence même de la Cour.

Parmi les autres institutions nationales mises au pas par le nouveau gouvernement, on peut citer la Cour des comptes, ou encore la Banque centrale dont le gouverneur trop indépendant n’était pas en odeur de sainteté." (cf. Noëlle Lenoir)

Alors qu'il est président de l'Europe, Monsieur Orban en profite pour faire renaître le grand "combat" de l'identité nationale hongroise qui est l'antichambre du nationalisme depuis que la Hongrie, comme la France ou la Roumanie, avaient été gouvernées par les alliées de Hitler et participé à l'extermination des Juifs, des Roms et également me meurtre des représentants des mouvements de liberté et de droits de l'homme.

Noëlle Lenoir insiste sur un phénomène révélateur du glissement totalitaire des Etats comme la Hongrie: Orban est en train de modifier en profondeur la liberté d'expression et de la presse en Hongrie. Curieusement, ce qui se passe en Hongrie actuellement ne fait absolument pas la UNE des journaux et des TV françaises! Que les journalistes français ont pris l'habitude de transmettre leurs émissions depuis l'Elysée, on l'a compris. Mais qui a parlé de la grande manifestation des Hongrois dans les rues de Budapest du janvier 2011 contre la loi sur les médias qu'Orban veut imposer? Notons "au passage" que la loi d'Orban est contraire aux lois votées par l'Union Européenne?

Le fait que l'on tue des journalistes en Afghanistan comme en Russie fait couler de l'encre et à JUSTE TITRE. Mais que la destruction des libertés instituée de l'intérieur par un gouvernement soutenu par Monsieur Baroso et l'UE passe inaperçue, cela est un scandale. Là encore, internet reste le seul espace de protestation, d'alternative, d'exercice de la liberté d'expression.

Plusieurs "mouvements" vont dans la même direction que le pouvoir discrétionnaire d'Orban. Ainsi, l'acte antidémocratique de la France concernant les Roms fait partie de cette tendance.

Un autre aspect inquiétant réside dans la concentration du pouvoir entre les mains d'un petit nombre, de plus en plus restreint, sans alternance, sans renouvellement, sans ouverture et qui se considère au-dessus des lois au point que l'on se permet de changer tout simplement les lois démocratiques: on instrumentalise même la loi pour qu'elle devient une arme de destruction des ... lois!

Cette manière de vider les institutions jusqu'au plus haut niveau de l'Etat et de l'Europe d'espaces de droit commun et de de débat contradictoire - ainsi que de la liberté - est actuellement visible même au niveau des associations locales et cela doit nous alerter. Le Même restreint, "entre soi" produit une forme de totalitarisme micro-social qui prive de droits des gens et des cultures et cela se passe comme si les associations et les institutions pourraient fonctionner sans les gens...

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Published by Maria Maïlat
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