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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 12:09

Le mythe des origines de notre culture chrétienne est formulé par la naissance de Jésus.  Ce mythe constitue un garde-fou contre le bio-pouvoir, contre le biologique qui viendrait détruire notre culture anthropologique et juridique.

 

Ce mythe accorde à la langue et à l'inscription de l'enfant une place originelle et originale. La reconnaissance est une construction culturelle détachée du biologique. Il s'agit de l'annonce faite à Marie de la grossesse. C'est un ange qui est chargée de cette annonce (e non pas un médecin ou une sage femme, bien que ces métiers existaient bien avant la naissance de Jésus). Et aussi: de la naissance est mise en lien avec la nomination du fils et la désignation du "mari de la mère"

Le père social qui vit avec l'enfant est présent dans ce mythe. 

 

Jésus rend emblématique, exemplaire, le processus adoption-reconnaissance à l'oeuvre dans toute naissance inscrite dans notre culture occidentale. 

 

Dans le mythe des origines du Christ, nous héritons de deux filiations patrilinéaires:

- d'une part, une origine située dans l'Esprit (le Père Dieu), donc: une inscription hors matière, hors biologique, dans la parole et la pensée (le logos grec): cette origine nous engage à penser d'une manière "transcendantale", c'est à dire, en dépassant, en s'éloignant du biologique pour fonder l'origine de l'homme dans la culture. Un enfant élevé par les loups a tout son patrimoine génétique, mais ne devient pas pour autant un être humain. Elevé par les loups, l'enfant est semblable aux loups. Mais un tigre élevé par les hommes, dès qu'il perd ses dents de lait se comporte en tigre. Son dressage n'a rien à avoir avec l'éducation des enfants.

- D'autre part, le père social qui assure la protection de l'enfant et l'accompagne dans son errance...

 

Puis le menteur, le parrain qui déroule le rituel du baptême, c'est la troisième inscription qui vient renforcer la séparation forte entre "biologique" (ou "naturel") et la culture.

 

La part "biologique" de l'homme Christ concerne uniquement la mère: son ventre est mis en évidence dans l'iconographie chrétienne. Cette part "biologique" est inscrite, non pas dans la maison ou un autre endroit habité par les hommes, mais dans une étable. Ce n'est pas un hasard. Nous retrouvons une continuité avec la culture transmise par Aristote qui définit l'homme comme étant un "animal politique" (zoon politikon, d'où le mot "zoologique", par exemple). 

 

Le "premier homme" d'un mythe fondateur de la culture chrétienne né avec sa part animale au même niveau que les animaux, ce qui ne fait pas de lui un être humain. Il s'agit donc, d'un deuxième garde-fou contre le bio-pouvoir. Le biologique nous garde rivés, rabaissés au rang des animaux et ne nous inscrit nullement parmi les hommes.

 

Le bio-pouvoir est un "parasite" puissant qui a envahi le réseau de parenté et notamment la filiation par la prolifération des techniques médicales et génétiques qui suscitent une fascination sans précédent au sein de la population française. 

 

Autrefois, lorsqu'on parlait de l'enfant "naturel" on se référait, non pas au biologique, mais au fait qu'il était né hors mariage, non-reconnu par le pater familias. Cette norme du mariage au sein duquel on inscrivait la filiation était construite par l'Etat et ses écrits, dont le Code civil. 

 

Il faut donc distinguer le bio-pouvoir actuel qui a un impact majeur dans la filiation et fait des ravages dans l'adoption, de l'enfant "naturel" dont parlait autrefois l'Etat et le Code civil.

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Published by Maria Maïlat
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