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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 08:43

yeux-folie.jpgDepuis peu, une nouvelle forme de pouvoir est en train d'être mise en place par le gouvernement français: les soins forcés, imposés seront légalisés. Les psychiatres auront l'obligation (ou le bon vouloir?) de soigner les malades par la force (sans leur consentement) non seulement à l'hôpital, mais chez eux, à domicile. Ce que l'on appelle aussi l'ambulatoire. De quoi il s'agirait? Sous couvert d'économie et de sécurité, un nouvel état d'exception est installée dans la société civile française: le domicile, l'espace privé est bafoué pour y "glisser", comme si de rien n'était, ce que les régimes totalitaires appelaient "résidence surveillée".

 

Rappelons-nous le gaspillage de l'argent des contribuables pour renfluer les caisses des laboratoires pharmaceutiques par l'achat de vaccin contre la grippe-fantôme h1n1: "La facture pourrait grimper à 245 millions d'euros si Glaxo-Smith-Kline obtient ce qu'il demande." Ce scandal aurait dû produire la démission de la bien-nommée Roselyne B., ministre de la santé de son état. Mais non, rien de cela. La revoilà: elle est un des rouages de la mécanique de production de la terreur soft, de plus en plus intériorisée par les gens grâce à leur gouvernement, terreur soft infiltrée, formalisée au travers les pulsions de la peur collective qui prive les gens de raison et d'intelligence. La folie qui détruit la culture est celle affirmée par l'instrumentalisation des lois et des discours politiques. Foucault explique que la maladie mentale est une fiction construite par l'Etat et les discours dominants d'une époque historique et qu'elle n'existe pas en tant que fait fatal naturel ou biologique. Le principal vecteur de la "folie" est la manière dont les personnes dits "fous" ont accès, dans leur éducation, dans les expériences de leur vie, à la perception de leur corps et à la construction de leur pensée qui n'est jamais innée, mais "produit" par l'éducation et la reconnaissance par les autres. Ce sont les autres, notamment les institutions qui éduquent l'enfant qui lui infiltre, petit à petit, l'abîme qui le sépare de son corps et de ses actes en lui renvoyant en permanence le miroir de l'agressivité, de l'incongruité, du fait d'être "à côté de la plaque", de ne pas savoir et de mal-apprendre... Ainsi, la jeune personnalité est marquée par les stigmates de la folie tel que la folie est fabriquée par une époque historique et portée par le politique et le juridique. C'est tout un dispositif, selon Foucault, qui installe la folie au sein d'une société et, ensuite, certains individus y seront assignés pour porter les stigmates. Foucault écrit à propos de ces "malades" qu'ils vont se débattre toute leur vie pour retrouver l'accès à la pensée. Ce qui fait que le "malade mental" est toujours dans un entre-deux qui le rend parfois plus lucide que ceux qui le soignent: "On ne peut en revanche supposer, même par la pensée, qu’on est fou, car la folie justement est condition d’impossibilité de la pensée" (Histoire de la folie, vol.I, p. 55)

 

Comment vivront nos enfants dans un immeuble, en sachant qu'un de leurs voisins est en "soins" FORCES parce qu'il a été ciblé comme étant fou et qu'il est donc  en résidence surveillée? Combien de psychiatres se prêteront à la métamorphose si bien décrite dans les travaux de Michel Foucault d'un psychiatrie mise au service d'un pouvoir qui cherche à s'infiltrer dans les recoins des vies, des cités, pouvoir qu veut surveiller et figer la spontanéité et la liberté indispensable à la solidarité ? Comment garantir encore des soins s'ils ne sont pas réellement entourés, s'il n'offrent pas, en même temps, un espace qui fait que le soin est avant tout un espace de liberté reconquise et ouverte vers la vie normale en société où l'on n'est pas affublé d'étiquettes (malade, chômeur, mère seule, etc.)?


Quelle normalité porte notre gouvernement? Quelle politique de la normalité, du débat contradictoire, de la tolérance, de l'altérité, de l'éducation?  Lorsqu'on constate la tendance lourde des institutions qui prennent en charge des enfants pour les faire grandir (école, foyer de l'enfance, placement familial) d'orienter les enfants pleins de potentialités comme tous les enfants, mais non-adaptés à ces institutions, vers le handicap et la maladie psychique (de sorte qu'on devrait parler de la fabrique des maladies psychiques par ces institutions) on se demande qui donnera les logements où tous ces personnes, devenus adultes et malades mentaux, seront soignés? Qui leur louera une cage à lapin pour que les psychiatres leurs administrent manu militari des soins "ambulatoires"? A moins que la masse des SDF soit soignée directement dans la rue, shootée non pas par une balle dans la nuque, mais par une décharge chimique envoyée directement dans leur cerveau?! Et peut-être qu'à côté d'une boulangerie, on fera installer des bornes d'électrochoc en libre service...


Une fois que les CMPP et les CMP, ainsi que les autres structures innovantes, fondées dans les années 1970, seront détruites par l'actuel gouvernement déboussolé, sans politique, les malades seront partout et nous tous, nous serions le cible d'un possible soin forcé, camisole de force chimique que les anciens pays totalitaires administraient aux dissidents. Entre ce "malade" imaginé par le projet de loi de l'actuel gouvernement et le dissident, il n'y a qu'une frontière factice, mince comme une feuille de papier...d'identité.

 

photo sur:  planete.qc.ca/invitation/invitation-1342007-129896.html

 

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Published by Maria Maïlat
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