Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Maria Maïlat
  • Maria Maïlat
  • : site : artefa.wordpress.com, formation, littérature, anthropologie, philosophie, intelligence collective, marche, amitié, hospitalité, enfance, Paris, mémoire, Foucault, Nietzsche
  • Contact

Texte Libre

Recherche

30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 17:10

 

376580_534852933206135_1872054144_n-copie-3.jpg

Levinas- Entre nous, Grasset, p. 136 (traces)

 
L'opposition radicale, frontale entre Heidegger et Levinas - que Levinas développe dans "l'Entre nous", mais aussi dans ces autres livres - consiste dans la conception fondatrice de l'homme. Pour Heidegger, l'homme est par définition sédentaire ou "raciné" (Cf. M. Detienne) et de là, le philosophe allemand bâtit toute une conception du monde comme "propriété-paysage" au profit d'une politique de l'autochtone et d'une justice repoussant hors-la-loi la "race déracinée" que heidegger "situe" par définition hors-terre... Paul Celan a compris très tôt l'idée d'homme que Heidegger a inoculé dans la culture de l'Europe... Levinas ose défier Heidegger, même si ce défi attendra encore 50-100 ans avant d'entrer dans la conscience et les discours des humains.

De Heidegger, de ce Maître d'Allemagne qui n'a jamais voulu rencontrer Paul Celan parle un des poèmes de Paul Celan: "et vous avez une tombe dans les nuages on y couche à son aise"...http://www.youtube.com/ watch?v=gVwLqEHDCQE

Levinas, au sujet de Heidegger explique que l'humain est "prit", décrit par H. "toujours dans le même paysage". Pour Heidegger "l'homme est enraciné. Ce n'est pas du tout une philosophie de l'émigré! je dirais même que ce n'est pas une philosophie de l'émigrant. Pour moi, dit Levinas, être migrateur n'est pas être nomade. Il n'y a rien de plus enraciné que le nomade. Mais celui qui émigre est intégralement homme, la migration de l'homme ne détruit pas, ne démolit pas le sens de l'être." (p. 136)


Partager cet article

Repost 0
Published by Maria Maïlat
commenter cet article

commentaires

simon 30/12/2012 18:48


" Que le temps soit l'être essentiel de l'homme ..." , je cite Heidegger , est repris par Emmanuel Lévinas , dans une filiation commune à Edmund Husserl . Notre enracinement est compris
dans le Dasein , soit notre-être-au-monde . Or nous reprenons tous en philosophie cet ancrage du Cogito qui peut être tout aussi bien des racines intérieures . Je ne pense pas que dans Sein und
Zeit , nous puissions décéler une réelle remise en cause de ce que serait le migrant car la conscience par elle-même est migration au même titre que ce que nous produisons dans l'oeuvre
d'art . ( Chemins qui ne mènent nulle part ) .

Maria Maïlat 30/12/2012 19:24



Bonjour, Simon,


merci pour ces lignes qui creusent les chemins et les croisements. Oui, Levinas affirme sa filiation ainsi: "C'est sans doute Husserl qui est à l'origine de mes écrits." Mais il prend aussi ses
distances à partir des années 1933-1945 en accordant la pensée du "rapport à autrui".


Je suis d'accord avec vos propos qui privilégie l'approche par la "lucarne" du temps heideggerien, cependant, l'enracinement dans l'espace et "pour soi" ("mon paysage" et jamais un "autre" )
revient dans l'intérprétation de Parménide par Heidegger.


Levinas lève la main sur la théorie de Heidegger à l'endroit du "risque": "risque d'occuper, dès le Da du Dasein, la place d'un autre et ainsi, concrétement, de l'exiler, de le vouer à la
condition misérable dans quelque "tiers" ou "quart" monde, de le tuer." 


Mais qui êtes-vous? Quel serait votre visage?


merci d'avoir ouvert ce dialogue,


mm