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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 12:23

P1010674Chaque voyage sur le caillou des volcans dans l'océan Indien me pousse à penser que je suis un papillon dans le tourbillon des images crépusculaires. Une grande brûlée de l'Est, sans maison, sans personne à m'attendre à la table des anges, je suis parvenue de l'autre côté de ma destinée.

Les images exposées dans mon "album-île intense" n'existent que dans l'espace virtuel de ce que certains osent encore appeler âme... Solitaire, obsessionnelle, habillée d'une drôle de jupe que les Niçois appelaient jadis "gonella", c'est dans le voisinage de cette plage que j'aimerais faire l'amour, une fois. Là. C'est ici: là où les vagues chantent, les sirènes partent en lambeaux, les épaves sombrent dans le sommeil des justes, c'est ici, là que j'apprendrai à jouir, mourir et revivre pendant une danse androgyne, lente, hypnotique d'avant la tombée de la nuit.

Le sable est noir.

Le sable est vent.

Le sable mange les vagues. 

Le sable remue sous mes pieds, se frotte à ma peau trop blanche. 

Mains et pieds se remplissent d'oubli.

Le Bernard l'hermite est resté se cacher sur la terre ferme de cette vache d'Europe recouverte de cendres islandais. 

Ici, le sable du volcan m'initie à l'écriture de la page inachevée, raturée, sans l'adorable lecteur qui me demande ce que j'ai fais de ma journée d'écrivain.

Un jour, je me ferai lire par les yeux émeraudes des poissons clowns qui versent directement dans la Voie lactée. Là haut, je parlerai toutes les langues, du Piton de la Fournaise au mont Viso et jusqu'au mont Mailat situé dans les Carpates - mes montagnes jailliront dans l'écume brisée du silence. 

Et j'écouterai un autre coeur battre le rythme de ma disparition.

 

 

 

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Published by Maria Maïlat
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commentaires

Angele Paoli 24/04/2010 13:21



C'est un très beau texte, Maria, très troublant. J'aime beaucoup. Merci à toi de me le faire découvrir...et partager.