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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 18:24

La vérité n’est pas à la portée des institutions qui font rentrer les enfants dans des dispositifs et mesures. Leur identité se construit en fonction des mots, regards, actes posés, rapports écrits par des professionnels formés pour soigner des pathologies et/ou pour rééduquer des troubles de comportements. A parti de là, l'enfant est intégré dans deux modes de construction identitaire: un qui fait de lui un potentiel malade, cas pathologique; et l'autre qui fait de lui un potentiel abuseur et délinquant.

Mais ce qui surplombe et aveugle les institutions de protection est le mythe de la vérité: la fiction d'une vérité naturelle, biologique et héréditaire. L'identité de l'enfant leur semble être "donnée" par les ... parents... Ils n'ont de cesse que de continuer à repérer les défaillances, fautes, troubles "transmis" à l'enfant... Et même lorsque le parent est absent, il est englobé dans cette vérité absolue: il est la source, la cause d'une identité reproduite comme tel qui ne peut être que malade ou abuseur... De sorte que l'enfant pris en charge par la protection de l'enfance a plus de "CHANCE" d'être signalé comme un parent "toxique" plus tard que celui qui accomplit des actes similaires ou vit dans des conditions similaires, mais qui n'est pas connu par les services de l'aide sociale à l'enfance.

 

La seule construction de la vérité est cele qui rend l'enfant plus vivant parce que la promesse et le principe d'espérance sont stimulés par ce qu'un adulte tient pour vrai de l'histoire, du passé de l'enfant. Si le passé que l'adulte tient pour vrai  (dans un rapport adressé au juge) enferme l'enfant dans une condition inférieure de victime ou dans la honte et la confusion par rapport à ses parents, alors cette "vérité" est un instrument de vengeance aveugle, l'instrument d'une Furie qui se présente déguisée en protecteur. "Dire la vérité", c'est porter une affirmation qui assigne l'enfant à un passé ouvert qui ne boucle pas et ne barre pas l'avenir, l'espoir, les retrouvailles avec les siens. La "tension métaphorique" de la vérité devrait nous inciter à nous demander: "et si quelqu'un dira la même chose de moi à mes enfants?" Est-ce que ce rapport les donnera des ressources, de l'espoir, des forces nouvelles? Et si quelqu'un lira le rapport que j'ai écrit au sujet d'une mère "toxique" et d'une enfant-symptôme à mes propres enfants, est-ce que cela apportera un meilleur avenir, un meilleur développement à mes enfants? La tension métaphorique de la vérité est le seul principe qui pourrait justifier d'écrire des rapports de signalement d'enfant en danger comme on le fait aujourd'hui dans les institutions...

 

La recherche de la vérité ... vaste sujet. Mais comment l'éviter quand je constate que des centaines de travailleurs sociaux se sentent investis d'une mission: dire la vérité à l'enfant. La vérité pour eux, c'est ... la vérité. Leur aveuglement est tel que si je leur dis qu'ils construisent une fiction négative, ils se sentent agressés dans leur "chair" qui ne fait qu'une avec la mesure, l'institution... Cette fusion me préoccupe et m'attriste. 

 

La recherche de la vérité exige de prendre un chemin sans salaire qui mène au dehors de la vita activa vers la contemplation. La contemplation est incompatible avec une intervention de surveillance et de signalement au procureur de la République. Dans le meilleur des cas, un professionnel qui écrit un rapport truffé de mots et adjectifs stigmatisants un parent peut contribuer à alimenter une procédure juridique de fabrication de la vérité... 

La procédure juridique pose une “vérité” qui s’apparente davantage au rituel de la souillure et de la purification. Le dispositif juridique est censé protéger la société des actes qui introduisent le désordre et la souillure. Cette procédure impose la figures de l’accusé puis du condamné qui, par le fait qu’il purge une peine, est “purifié” et accède de nouveau au statut de semblable, de personne (dans le deux sens de ce mot). “La vérité juridique, qui est le résultat de la mise en oeuvre des règles de droit, est érigée en postulat parce qu'elle a été élaborée pour répondre au mieux à l'ensemble des situations de fait semblables, à partir d'une réflexion sur les objectifs poursuivis par un système juridique donné. Cela ne signifie pas pour autant qu'elle est vérité absolue et qu'elle ne doive pas connaître quelques assouplissements, quelques exceptions pour que le juridique continue à être au service du juste” (…)

 

“La vérité et la justice furent associées par le Procureur général Baudoin lors de l'affaire Dreyfus, ce fut le triomphe de la vérité et de la justice. Il existe un lien très fort dans notre droit entre ces deux notions. Une présomption de vérité s'attache à la chose jugée. Le jugement doit être tenu pour vrai.”


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Published by Maria Maïlat
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