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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 14:32

Venez faire un pas de côté, chercher et inventer d’autres traditions dans l'histoire de la naissance. Partons de l’image symbolique qui survit depuis l’antique Grèce: elle représente un ventre de femme enceinte sous la forme d’un … visage.

 

Le symbolique du visage rattaché au ventre est déjà une manière de signifier le dépassement du biologique et du médical par l’attention bienveillante, le regard et les paroles que l’on tisse pendant la grossesse et à la naissance. En sachant que cette figure est aussi l’image de la sage-femme ou de l’accoucheuse. Cela nous attire l’attention qu’il faut penser la vie non pas à partir de deux, mais de trois, le tiers étant un représentant extérieur à la parenté, extérieur au couple parental: un tiers qui témoigne pour qe l’enfant puisse être accueilli en même temps que sa mère et son père dans le DEVENIR. Rentrer dans le devenir est un choix culturel qui s’oppose au poids de la fatalité, du destin qui est également formulé dans la culture (notamment dans certains mythes de la Grèce antique où le combat entre le destin et le devenir est permanent). Le tiers est donc, une altérité irréductible à la parenté, à la filiation de l’enfant. 

 

Mais le visage signifie aussi l’inconnu (Lévinas), la crainte propre à la vie, parce que la vie est rattaché au plus extrême des dangers: à la mort. Nous naissons mortels. Le visage signifie cette crainte liée à notre incapacité de maîtriser une partie de notre devenir qui bute contre la mort et ses “acolytes”: le soupçon, la violence, la stigmatisation… Or, le visage est à l’opposé d’une attitude de supériorité due à un statut ou à des savoirs, à l’opposé du contrôle. Le visage est nu comme mon visage que je ne vois pas. C’est l’autre qui sait quel est mon visage réfléchi dans son regard intérieur, dans son espace mental, éthique, culturel. Que voit-il de mon visage? Et que vois-je du visage de l’autre? 

 

Le visage du nouveau-né vient questionner la filiation, la transmission, la complémentarité entre le visage de la mère, du père, de la parenté et les visages des inconnus qui se penchent sur son berceau. 

 

Dans le devenir parent, la question est comment faire pour ne pas laisser l’autre (la mère, le père) face à la solitude extrême, à la solitude mortelle que l’on porte lorsqu’on est appelé à donner la vie? Ignorer cette question, c’est renoncer à notre responsabilité et à l’importance de la culture, de la parole co-construite et du regard extérieur qui entoure une grossesse pour qu’elle soit vivable.

 

La nudité du visage fait appel à note responsabilité en tant que tiers de chaque mère et père, deux êtres indissociables du nouveau-né qui l’inscrivent au moins dans une filiation. A rappeler que notre culture rassemble deux tissages de la filiation: par reconnaissance au cours de la grossesse et de l’accouchement, ainsi que la filiation par reconnaissance au cours d’une adoption.

 

Cette mise en mot de la responsabilité dans l’image présentée ci-dessous, n’est pas une “réponse théorique en guise d’information.”

 Cette responsabilité n’est pas un pis-aller, mais devrait précéder tout acte médical, technique dans l’accompagnement des femmes enceintes. La question de la responsabilité est le premier acte de compréhension et de proximité dans notre manière de vivre-ensemble, de transformer la vie biologique en communauté humaine en quittant les chemins balisés de la culpabilité et de la “mauvaise conscience”.

 

Il s’agit donc, de se dire que l’urgence est dans la manière dont on bâtit entre nous les mots et les actes, les réseaux et les visages dans le devenir parents pendant la grossesse et la naissance d’un enfant.

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Published by Maria Maïlat
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