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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 20:15

Notre travail consiste à former, préserver, ouvrir quelques «greniers» de savoirs et de transmissions situés dans les institutions qui cherchent à changer leurs manières de penser, de se questionner et d’agir. Questionner, évaluer les dispositifs, qui, sous couvert de protection, aide, soutien - classent les individus dans des catégories négatives, catégories qui barrent le chemin des personnes vers la dignité ordinaire, vers le contrat social fondé sur la présomption d’innocence et sur le respect de la vie privée (cf. la Constitution). Comment déconstruire les dispositifs de protection de l'enfance qui se comportent comme des machines "folles" échappant à toute finalité humaine? Nous sommes réduits à une sorte d'impuissance lorsqu'on constate que les enfants sont les seuls à mettre en question et à déconstruire leur placement ! Mais la réaction des gardiens de ces dispositfis est terrible : là encore, ils parlent d'échec ! Ce n'est pas le placement qui détruit l'enfant, ni les théories chargées de négativités que l'enfant ne supporte plus, non! C'est encore l'enfant qui est ciblé comme "mettant en échec" le Conseil général, les grosses institutions (comme la Sauvegarde, le PEP...) et le Tribunal ! Sacrée parade pour éviter de regarder la violence institutionnelle et les dégats produits dans la vie des enfants et de leurs parents par les actuels discours performatifs en protection de l'enfance ! L'enfant est ciblé comme persécuteur et coupable de la "mise en échec" de ces machines qui s'avèrent supérieures aux adultes qui les manipulent. La théorie unique veut nous faire croire qu'il existerait un processus de «naturalisation» des troubles de comportement et de handicaps que certains enfants intériorisent péniblement mais inéluctablement au fil des années de placement...  A la lecture des documents écrits par les magistrats et les professionnels, nous constatons que les objectifs sont remplacés par des "mesures": aed, aemo et autre formules vides de sens, et par des jugements de valeurs. Une morale étriquée, déstructrice - connue du temps où l'on osait parler de classes sociales - occupe une place royale dans les écrits professionnels.

 

Une famille "connue par les services" fait travailler plusieurs dizaines de professionnels. Ces derniers fondent la légitimité de leur travail non pas sur le transfert de leurs compétences vers l'autorité parentale et la création de nouvelles formes d'expériences et de socialisation avec les parents pour l'enfant, mais dans un langage qui cristallise le mal-être et sa répétition. Ce discours rempli de mal-être les contamine: les professionnels parlent d'épuisement. A force de manier des mots négatifs, tordus, remplis de soupçon, de jugements de valeur, de "double bind" qui rend fou ("vous venez mais vous ne venez pas à la visite médiatisée", "vous avez l'autorité mais vous devriez pas vous autorisez à dire ce que vous pensez mais ce que nous voulons que vous pensiez", etc.), les travailleurs sociaux commencent à appliquer ces mêmes logiques tordues dans leur propre vie.


Rappeler que toute organisation tourne pour sa propre survie: si une organisation s’appelle «placement familial», elle produit du ... placement familial. Difficile de trouver aujourd'hui un service organisé pour évaluer les effets que les actions et les compétences des professionnels produisent dans la vie des familles. Toute organisation fabrique le produit pour lequel elle a été mise en place.  Ainsi, lorsque les enfants sont pris en charge dans des dispositifs centrés sur l’échec, le handicap, la psychiatrie, il n’est pas étonnant que ces enfants grandissent avec ces marqueurs de handicap, des troubles de comportement, etc. Ils les assimilent comme des caractéristiques de leur identité. Et les spécialistes arrivent même à nous font CROIRE que cela est une affaire de transmission génétique, héréditaiare de parents vers leurs enfants.

 

Quelle gouvernance décidera de changer de paradigme et d’innover une logique d’éducation et de projet dans la protection de l’enfance. ?

 

Pour l’heure, la charge de négativité, d’échec, de contraintes absurdes, répétitives font tourner à plein régime les dispositifs d’aide sociale de l’enfance qui échappent à l’évaluation.  La notion de "développement normal" n'existe pas dans les rapports et les grilles d'analyse. Les théories de la négativité et de sa répétition construisent les identités et les appartenances (classification) des enfants en protection de l’enfance.

 

Nous essayons de penser la déconstruction de ces dispostifs toxiques pour les familles : il faut detecter les formes de polution dans laquelles l'enfant est immergé en protection de l'enfance.. Il faut évaluer la charge négative des actuelles théories psychiatriques qui impactent la fragile construction de l'identité de l'enfant.

 

Rappelons aussi que le placement coûte entre 2000 euros et 5000 euros par mois, par enfant (sans compter toutes les formes "spécialisées" de prise en charge).

 

Quelle gouvernance aura le courage de reposer les droits de l'enfant dont certains sont exercés par les parents et les autres par les Conseils généraux ? Qui ouvrira le chantier afin de mettre en évidence que les actuelles théories sont obsolètes et dangereuses, que la casse de l’humain dans cette prise en charge fait de nombreux grands mutilés à vie ? Qui obligera les institutions à quitter la vulgarisation des mots tirés de la psychopathologie qui produisent la perte de sens et un gaspillage humain et économique énorme ?

 

Nous constatons que ce système rend aveugles les décideurs. Cette cécité est due à une surenchère de discours de soupçon et de diabolisation des parents. L'excès du discours performatif sur les dangers, violences, riques dans la famille annule toute compétence et lucidité dans le travail avec les familles. Et ce même excès discoursif avec la superposition des "mesures" gomment la vraie vie, la vie où parfois, les enfants sont mis à mort. Dans l'actuel système obsessionel et discoursif de l'ASE nulle possibilité objective de découvrir la vraie vie et les vrais dangers. Chaque année, les enfants morts seront le lot de ces dispositifs qui ne tournent que pour alimenter leurs propres survie et qui se servent de ces enfants morts pour vérouiller davantage leur propre pollution et incopétence à créer des alliances éducatives avec les parents, à faire atterir les dispositifs "'hors sol" dans le champ anthropologique, juridique et éthique d'une réflexion sur l'inscritpion de l'enfant dans l'environnement familial et social.


Quel chemin d’accès à la connaissance, à la dignité, au devenir humain produisent la protection de l’enfance au 21ème siècle ?

 

Lorsqu’une théorie détruit le devenir des enfants,  pollue son accès à l'appretissage ordinaire, à son inscription dans sa génération au même titre que les autres enfants, lorsque son appartenance est enfermée dans une catégorie stigmatisée dès son plus jeune âge et que le seul devenir stipulé par cette théorie est la répétition de la même vie de précarité et d'exclusion que celle réservée à ses parents, lorsque les droits des parents sont opposés aux droits des enfants, il est temps de changer ces fondamentaux et donc, les politiques en protection de l'enfance. 

 

Seul l’amibe ne change pas de théorie, disait Einstein. Nous sommes prêts à participer à ce changement profond qui passe par la guerre des théories. Nous disons que nulle théorie ne doit pas primée sur la vie des enfants, sur leur devenir d'enfant qui ont le droit d'exister dans leur famille, d'apprendre à faire avec les parents qu'ils ont, de voir leurs parents accueillis dans la dignité, de ne pas avoir à subir l'humiliation de leurs parents devant le juge des enfants. Nous devrions agir pour que les enfants puissent découvrir la dignité de leur filiation dont les parents sont les auteurs.  Et d'apprendre qu'il existe des liens sociaux non-rémunérés dans leur vie d'enfant. Que l'argent que l'assistant familial reçoit est l'argent de l'autorité parentale et non pas un argent qui détruit davantage ses liens humains, antrhopologiques propre à son état civil, à sa vie humaine.

Que dire d'une rpise en charge qui nous coûte cher en placement familial et qui humilie l'enfant et sa famille, mettant en évidence la pauvreté  de ses ... "origines" ?

Comment créer une alliance éducative entre l'autorité parentale et l'autorité administrative sans cheger de théorie ? Il est nécessaire de formuler une volonté politique qui fixe de nouveaux objectifs :  créer un climat de paix et de digntité avec les parents cabossés dans leur propre vie d'adulte. Déconstruire les dispositifs qui produisent davantage d'humiliation, de culpabilité, des injonctions de repentir...  et très peu d'espaces de dignité,  d'égalité et de fraternité entre les adultes qui devraient se rassembler autour de et pour chaque enfant.

Sans dignité, il n'y a pas de responsabilité. 

 


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Published by Maria Maïlat
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