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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 00:03
Depuis l'enfance, depuis que j'ai ouvert la porte d'une salle de cours de la faculté de médecine, où je n'avais pas le droit d'y entrer, je me suis sentie en confiance avec les squelettes humains. Peut-être parce que le premier portait le prénom d'un homme rivé au portail imposant de cette même faculté nichée entre les chênes et les hêtres plus vieux que mon arrière-grand-père. Il s'appelait oncle Peti. Peti-bacsi en hongrois. Un petit nom tendre et remplit d'éclats de rire. Peti: le dire du bout de la langue comme lorsqu'on glisse un poisson d'avril dans une conversation sérieuse.
J'aime photographier les squelettes avec un sentiment de clandestinité, comme je l'ai fait aussi dans une salle cachée derrière le Jardin des plantes. Je me faufile dans la cage thoracique comme si je faisais un geste pornographique, sacré.

Ce dimanche, rue Monge, les squelettes exposés par un brocanteur à l'allure d'un rat de dessin animé, était admirables. Le vendeur expliquait qu'ils étaient en plastique. Mais il ajoutait aussitôt que l'on avait du mal à faire la différence entre  ces pièces mises en vente par un collectionneur et les vrais squelettes humains. J'aurais aimé habiter quelque jours dans la maison de celui qui avait accumulé ces artefacts digne d'une école d'infirmier et de vétérinaire. Car il y avait aussi un pied d'éléphant: celui-ci était un vrai. On aurait dit que l'animal venait juste de se déchausser d'un de ses bottes pour entrer dans la vitrine remplie de bibelots en porcelaine sans rien casser. 
Plus loin, un jazzman et un portrait de Napoléon couronné en empereur partageait le même bout de trottoir crotté, trempé par la pluie.
Et le petit cochon rose claire murmurait: "Veuille-le, rêve-le, fait-le!"
En anglais: Wish it, dream it, do it. " une petite chanson d'Obama?

 

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Published by Maria Maïlat
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