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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 17:09

"Ils sont insaisissables et soulèvent une problématique de l’existence qui évoque un manque de place dans l’humain." Observatoire National de l'enfance en danger
Un des bloggeurs souvent mis en évidence sur le site du MONDE écrit ceci:
"Il existe donc bel et bien le risque d’un déséquilibre important entre une accusation monolithique et une défense rachitique. Si l’on prend en compte le nombre de gardes à vue, on en déduit qu’en 2009, un adulte sur cinquante a été considéré comme suspect d’un crime ou d’un délit. Alors, si cette réforme devait être adoptée en l’état, je propose la création d’une caisse d’assistance judiciaire, copiée sur celle de la sécurité sociale."

A cela s'ajoute le glissement de la protection de l'enfance et de la justice des mineurs vers la constitution de parcs, foyers, maison d'enfants à caractère social ou "réserves d'indiens" remplis d'une population traitée pour la rendre malade, déchue, sous-humaine et cela au nom de sa "protection". Une population entourée d'une armada de professionnels qui lui assigne le destin de la répétition, destin d'esclave:  l'idéologie de ces institutions réside dans la croyance que l'enfant né d'un père ou d'une mère que l'on cible comme étant "dangereux"  n'aura aucune chance de devenir autre chose qu'un monstre, une "monstration" de stigmates ont l'institution se charge de figer, sceller dans le corps de l'enfant placé. Les institutions formatent une "nouvelle génération" de jeunes et adultes superflus, broyés, qui devient - au fil des années de prise en charge - auto-destructrice et destructrice. La "lutte contre la maltraitance" coupe ces enfants de leurs réseaux de parenté et leur interdit de vivre et de grandir dans la société civile. Ils grandissent dans des conditions de privation totale de liberté au sein même de l'Etat français. Ces enfants sont empêchés de faire l'expérience de la vie en société, de développer des liens de filiation et d'appartenance. Privés d'un "chez soi" réel, ayant des parents stigmatisés par les professionnels et les juges des enfants, enfermés dans la honte et le non-droits, ils deviennent des "objets" que l'on acheminent d'institution en institution vers la maladie mentale (dans les meilleurs des cas), l'errance, la haine, le suicide, le meurtre, la prison. Ces institutions sont d'autant plus dans l'abus de pouvoir que les professionnels qui y travaillent sont formatés par des idéologies réactionnaires et la peur de l'autre. Les enfants grandissent comme des SDF et lorsqu'ils tentent de rentrer chez eux, on les déclare en fugue, on accumule les plaintes contre eux et leurs parents. Lorsqu'un enfant fait une tentative de suicide, on le classe parmi les cas psychiatriques. On le convoque dans le bureau du directeur et/ou du psychologue pour un interrogatoire. Entre adultes, dans l'équipe, on dit de l'enfant qu'il fait son cinéma, sans réaliser qu'il joue (s'il joue) sa peau, sa vie et qu'il n'a qu'une seule vie.  L'état civil de ces enfants est bafoué. Jamais, ils n'ont l'occasion de voir leurs frères et soeurs autrement que sous le contrôle de leurs surveillants. Les pourvoyeurs d'idéologie de cette drôle de protection de l'enfance sont l'ONED et les CREAI (notamment le CREAI du Rhône Alpes). A propos de ces enfants bénéficiant des années de prise en charge et d'éducation dans nos institutions, on lit: "Ils sont insaisissables et soulèvent une problématique de l’existence qui évoque un manque de place dans l’humain." (ONED) Ce verdict n'est pas tiré d'un régime totalitaire du 20e siècle, mais d'un rapport de 2009 publié sur le site de l'ONED financé par l'Etat français. La vraie question qui ne donne lieu à aucune étude: quels sont les effets de ces prises en charge? Combien d'enfants sont broyés par le traitement inhumain qu'on leur inflige d'autant plus insoutenable qu'ils portent le nom de protection?Cette protection produit des "déchets" que l'ONED expulse de la condition humaine d'habitants de la Terre. 

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Published by Maria Maïlat
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