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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 22:56
Je pense à mon père... Arrêté sans raison, torturé, jeté dans un caniveau et qui revint à la vie parce qu'il se mit à chanter, à vouloir me parler... Je pense à Sainte-Perpétuité, mon premier roman écrit en français.
Il y avait un homme grand, fort, qui aimait foncer, travailler mais aussi s'isoler sur une montagne. Il se prénommait Zarathoustra. Un jour, il fit une chute grave et se fit mordre par un serpent. Il tomba aussitôt malade. Il avait mal, mais en même temps, la maladie lui servait de signal d'alarme. Depuis des années, il ne faisait guère attention, il fonçait, fonçait, il répétait les mêmes choses, avec des brefs moments de repos et d'oubli, puis il reprenait la répétition des
jours et des années jusqu'à ce qu'il perdit la notion du temps et sa mémoire faiblit. Cette fois, il pensa que le jour où il sera guéri, il changera les choses dans sa vie. Il commença à rêver aux changements. Il hésitait, il mesurait sa peur, ses doutes, il regardait l'abîme qui s'ouvrait en lui. Rien qu'à l'idée d'aller vers la rencontre de l'inconnu, il avait mal. La rencontre d'un être neuf l'agaçait, le rendait méfiant. Et il tomba encore plus malade. Il se retira dans sa demeure de la montagne, puis, chemin faisant, il se remit à foncer comme d'habitude. Il abandonna la brèche qui l'avait fait rêver d'un changement... Il oublia qu'il avait un coeur, un corps, il ne pensa qu'à faire ce qu'il avait à faire chaque jour, un jour après l'autre et c'était tout. Il ne se rendit même pas compte quand il guérit parce qu'il mourut en même temps. Auparavant, la répétition l'avait nettoyé de mots inconnus, de questions nouvelles et de la rencontre avec l'autre, l'inconnu, l'amour. La répétition des choses qu'il avait l'habitude de faire lui évita de prendre des risques, de rêver, de croiser l'amour de l'autre. Et c'est ainsi qu'il mourut dans son lit, près de l'endroit où il vit le jour.
Il n'a pas eu le temps de comprendre que le pouvoir qui était le sien et qui l'avait rendu fort dans la répétition, c'était le pouvoir de l'esclave qui décide de rester
esclave. L'esclave dont ont besoin les puissances pour perpétuer la domination répétitive de l'amnésie et des morts sans mémoire. Ce Zarathoustra engendra sa parentèle d'esclaves qui foncent et s'acharnent dans leurs enclos. Un fils se détacha de ce père, mais qui le renia. Et le fils tomba malade. Personne ne put le guérir dans l'enclos où il était né. La répétition le rendait encore plus malade. Alors, une luciole brilla devant ce fils et lui dit: "évade-toi, va-t-en!" Et le fils apprit qu'il était un homme libre et qu'il n'avait rien à faire des injonctions qui lui avait inculquées par les esclaves. (conte reformulé librement d'un livre du philosophe Nietzsche)

 

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Published by Maria Maïlat
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