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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 20:47

Je lis dans le cahier "Livres" de LIBÉRATION (sous la plume d'Edouard Launet):" Il y a une quinzaine d’années, aux Etats-Unis, le Républicain Newt Gingrich avait proposé aux pouvoirs publics cette idée formidable : offrir à chaque étudiant 2 dollars par ouvrage lu, afin d’inciter la jeunesse à se plonger dans les livres. La chose en est restée à un stade embryonnaire, pour une raison bien simple : difficile de vérifier qu’un bouquin a bien été lu. Il aurait fallu recruter une armée de contrôleurs, et leur tâche aurait été délicate : «Mais dites-moi, jeune homme, quel est donc le plat préféré de Monsieur de Norpois dans A l’ombre des jeunes filles en fleurs ? a) Le soufflé de kiwis b) Le bœuf en daube c) Le flan de courgettes au paprika». Depuis, on a totalement renoncé à faire lire les jeunes, là-bas comme ici. Trop compliqué, pas de bénéfices à court terme, et puis l’avenir n’est-il pas aux réseaux numériques ? Le Los Angeles Times a laissé tomber son supplément littéraire en 2007. Ce mois-ci, c’est le Washingon Post qui arrête son cahier hebdomadaire Book World. Désormais, le New York Times et le San Francisco Chronicle sont les deux derniers quotidiens américains qui accordent encore un peu de place à la critique littéraire, on se demande bien pourquoi."

Je n'ai jamais rencontré un seule lecteur, une seule lectrice qui aurait cherché la compagnie des livres parce qu'une autorité a acheté sa lecture comme on achète la main d’oeuvre intérimaire, c’est à dire, pour rien. Même une gâterie péripatéticienne ou une tarte faite maison sur un des marchés non-côtés à la Bourse coûte plus de 2 €, Messieurs! Cette idée d’achat de la lecture est révélateur du fait que les “penseurs” de ce milieu envisagent la lecture en terme de marchandise et le lecteur comme un minable ouvrier à deux sous.

Est-ce que vraiment la lecture est menacée ou il s’agit, là encore, d’un commerce en "crise" parce qu'il s'est habitué à augmenter ses bénéfices sans jamais se poser la question: des bénéfices réalisés par l'industrie de livres quel est l’argent investi pour qu’un jeune des milieux pauvres, en Afrique, aux USA ou en Europe, puisse expérimenter la liberté de lire.

“Liberté-de-lire”? Concept bateau diraient les experts. La liberté de lire n'est pas un indice du PIB et encore moins de l'édition. La liberté de lire... et quoi encore? Nous voilà chavirer et couler avec les suppléments qui ne rapportent plus assez aux magnats de la presse “libre”.

Lire rappelle en écho l’écriture, le verbe actif écrire… Une amie éditrice me disait récemment qu’elle reçoit de plus en plus de manuscrits “bien écrits”: orthographe et syntaxe sont au rendez-vous, le français se porte bien, merci. Mais personne n'arrêtera la clameur des ronchons qui font leur beurre sur le Mont de "toutfoutlecamp". On dirait même que la pratique de l’écriture sur le web remplace la pénible formation par la dictée et l’apprentissage des verbes par coeur. Il existe, bien sûr, les logiciels d’orthographe, de correction automatique… et pourquoi pas?

Ce que l’éditrice ne trouvait pas dans les manuscrits, c’était le style. Le style, cela ne s’apprend pas et encore heureux. Il ne s’achète pas non plus, même si parfois, on le confond avec la vente des best-sellers. (à suivre)

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Published by Maria Maïlat
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